“Expliquer toute la nature est une tâche trop ardue pour un seul homme ou une seule époque. Il est plus sage de faire peu en étant sûr de soi et laisser le reste à ceux qui viendront après, que présumer de tout sans être sûr de rien.”

Isaac Newton

 

     A une époque où la religion dominait le peuple, ceux ayant une pensée contraire à la doctrine de l’église catholique devaient se fondre dans la masse de peur d’être condamnés à brûler sur le bûcher pour hérésie. Le chef d’orchestre de cette répression n’était autre que l’Eglise catholique.

     Seuls les ecclésiastes savaient lire le latin. Ils possédaient le savoir de Dieu qu’ils retransmettaient au peuple. Le peuple avait l’obligation d’assister dans un impressionnant lieu de culte, de façon récurrente, à des messes déclamées dans une langue qui leur était étrangère. Outil de propagande, ces longues messes asseyaient aussi le pouvoir du Vatican auprès des monarques et augmentaient ses richesses.
     Chaque décision politique et résolution de conflits devaient passer par la consultation de l’Eglise, représentante du pouvoir divin dont le Souverain dépendait. La messe offrait une place au paradis, elle renforçait les liens sociaux d’une société assujettie au commerce et à l’artisanat local. La construction d’une église était essentielle au commerce de proximité et donnait de l’emploi à toute une population. S’attirer les faveurs de son voisin était indispensable à la survie de sa propre famille, mais manquer à votre devoir religieux faisait de vous un paria. Vous perdiez votre place au paradis, votre communauté vous tournait le dos, votre commerce s’effondrait. Négliger Dieu vous conduisait irrémédiablement à votre perte.
     Les hérétiques voulant garder profil bas, transmettaient leur savoir par l’intermédiaire de grimoires anonymes ou utilisaient des figures mystiques telles que le « Roi Solomon » pour divulguer leurs idées dans des incantations et des rituels magiques.
Durant « l’Age sombre », seule une partie de la population a profité de ces écrits hérétiques, qui demeurent des connaissances intellectuelles à l’encontre du dogme religieux.

Ces grimoires restent l’héritage des penseurs libres qui ont osé partager leurs idées à une époque de sanglante répression.

 

 

 

(Indisponible) Le Grand Grimoire: Dragon Rouge

Considéré comme un grimoire, une œuvre folklorique ou encore un manuscrit comique, le Dragon Rouge aurait été écrit entre 1422 et 1522, probablement en italien avant d’être traduit en français au 19e siècle.
Au fil des ans l’appellation « grand grimoire » a été donnée à des groupements de textes occultes. Cependant, Le Grand Grimoire ou Dragon Rouge est la seule œuvre dont le titre porte ces noms.

De multiples éditions ont été écrites dont certaines contiennent des éléments ajoutés au texte original.
Cet ouvrage comporte de longs rituels ayant pour but de communiquer avec le démon « Lucifuge Rofocale », suivis de diverses invocations et sorts à la limite de l’hérésie, passant par des rituels comme faire bouillir un chat noir ou l’usage de poisons et même la recette de la tant convoitée pierre philosophale. Il n’est pas surprenant que cet ouvrage ait suscité autant de curiosité et connu la notoriété.

Pieter Brueghel l’Ancien, Les proverbes flamands, 1559, huile sur panneau de bois

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